- HOPPER (E.)
- HOPPER (E.)HOPPER EDWARD (1882-1967)De 1900 à 1906, de nombreux artistes, tel Edward Hopper, gravitent autour de l’Ashcan School of Art de New York (Robert Henri, Luks, Sloan, Bellows, Glackens). Entre 1906 et 1910, le peintre séjourne en Europe à plusieurs reprises, et plus particulièrement à Paris, où il étudie les œuvres des impressionnistes.De retour aux États-Unis en 1910, il s’installe à Washington Square, et, après avoir exposé un petit tableau intitulé Sailing , à l’Armory Show, l’artiste se consacre presque exclusivement à des scènes de la vie quotidienne ou à des paysages ruraux, peuplés de maisons silencieuses. Pendant plusieurs années, Hopper exécute, pour gagner sa vie, des œuvres commerciales jusqu’à l’exposition qu’il fait en 1920 au Whitney Studio Club à New York. Entre 1920 et 1930, il connaît un succès considérable auprès du grand public, et ses expositions se font de plus en plus nombreuses. Il continue à s’inspirer des scènes de la vie contemporaine, et cela de 1940 à 1960. Il réalise alors «la transcription la plus exacte possible de ses impressions les plus intimes de la nature». Fasciné par le «chaos de laideur» du paysage américain, il s’y réfère inlassablement dans sa thématique particulière, en évoquant des immeubles déserts et des rues solitaires. Ses dernières œuvres seront encore une reprise obstinée, mais plus nette et plus sobre encore, des thèmes créés en 1920.La démarche d’Edward Hopper est parmi les plus originales. Dès 1920, il semble rejeter la conception des autres peintres «réalistes» qui définissaient l’espace selon un système presque géométrique et photographique (Charles Sheeler, Usine à River Rouge , 1932, Whitney Museum of American Art, New York) ou bien utilisaient l’iconographie urbaine comme prétexte à des scènes animées et pittoresques (John Sloan, Sixth Avenue Elevated at Third Street , 1928, Whitney Museum of American Art). En effet, Hopper était surtout intéressé par un rendu presque sociologique de l’espace urbain et par ce qui semble être caractéristique de la société américaine: une certaine solitude, un isolement silencieux et l’écrasante banalité du décor des villes. Déjà, dans Maison près du chemin de fer (1925, Museum of Modern Art, New York), on ressent le poids de ce vide psychologique qui hante les édifices de l’univers du peintre. Dans cette œuvre, les formes sont encore définies de façon très picturale par des coups de pinceau parfois flous. La même technique apparaît dans les œuvres de 1930 à 1940. Dans Dimanche matin de bonne heure (1930, Whitney Museum of American Art), l’artiste représente une rue déserte où les couleurs criardes des devantures des magasins trouvent une ordonnance que l’isolement cerne et définit. Il s’agit d’un constat, à la fois précis et inquiétant, de la réalité quotidienne.Le peintre poursuivra ses recherches tout au long des années 1960, et Second Story Sunlight (1960, Whitney Museum of American Art) présente encore des maisons qui semblent vides malgré la présence des personnages immobiles.
Encyclopédie Universelle. 2012.